L’estimation des activités d’un projet en deux étapes: « 1- Garbage in → 2- Garbage out ». (Partie 3 de 4)

Comme mentionné dans mon article précédent, dans un cas probabiliste les efforts/durées des activités sont inconnues et sans références auprès d’activités conduites antérieurement. Dans ce contexte d’inconnu, la perception des gens appelés à estimer les caractéristiques des activités vont varier et générer des estimations différentes. Les facteurs internes et externes aux projets peuvent modifier ces informations grandement.

(Chapitre 3) L’application pratique de PERT (Project Evaluation and Review Technique) ou l’estimation triangulaire.

Par quel moyen peut-on mitiger la variance de ces estimations subjectives?

En posant trois questions au lieu d’une seule:

1. « Dans un cas pessimiste (où il y a certains problèmes importants), quel est votre estimé? »

2. « Dans un cas normal (quelques problèmes mineurs), quel est votre estimé? »

3. « Dans un cas optimiste (où tout va bien, aucun problèmes), quel est votre estimé? »

Ces questions vont vous donner trois réponses complètement différentes. Ces réponses sont importantes et sont utilisées dans une technique d’estimation appelée PERT (Project Evaluation and Review Technique), destinée à modéliser des résultats basés sur des informations incertaines et variables.

Le PMBOK® 4ième édition du PMI® à la page 150 explique cette technique, soit l’estimation triangulaire (Three-Point Estimating).

Loin de vouloir entrer dans les détails des lois probabilistes et des différentes techniques de simulations, le simple calcul triangulaire suivant est souvent très utile afin de voir plus clair sur une donnée inconnue:

donnée pessimiste + (donnée normale x4) + donnée optimiste = donnée probable espérée

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Ce qui donnerait quelque chose comme suit:

Donnée pessimiste: 30 heures

Donnée normale: 15 heures

Donnée optimiste: 10 heures

30 heures + (15 heures x 4) + 12 heures =  17 heures

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Vous voyez que 17 heures, en contraste aux 15 heures que la ressource vous aurait mentionné normalement, vous aide à prendre en compte une certaine mesure d’incertitude et vous donne une résistance naturelle à une certaine variance basée sur le risque que votre ressource a perçu. Bien que 17 heures soit beaucoup moins que 30 heures (donnée qui vous serait probablement donnée dans un contexte politisé et/ou de haute visibilité), il reste que le 2 heures de protection est beaucoup plus raisonnable. Cette protection, et l’élimination systématique du « jeu » que peuvent ajouter les ressources, parfois collectivement d’ailleurs, aide à donner une vision plus précise du projet.

Ce modèle est efficace pour détecter certaines situations comme l’octroi de « jeu » important dans les estimations. Je recommande aussi de poser les mêmes questions à plusieurs personnes au moyen d’interviews individuelles et ce comptabiliser les résultats. De poser les trois questions dans un appel conférence ne fait qu’invalider l’approche que vous voulez mettre en place car tous choisiront un consensus au lieu de vous donner les informations qu’ils pensent vraiment. À l’issue de ces interviews, vous pouvez vous faire une idée des tendances et aussi poser des questions additionnelles si les réponses entre les ressources sont trop différentes.

Cette technique d’estimation peut se révéler utile afin d’améliorer la qualité d’estimation dans un contexte probabiliste. Dans le cas où vous et/ou votre organisation avez conduit des activités similaires dans le passé, (et généré de la documentation de progression actuelle vs planifiée), de vous baser sur ces informations serait beaucoup plus pertinent.

Mais dans le cas où vos projets vous offrent la possibilité de faire des choses jamais faites auparavant dans votre organisation, l’estimation triangulaire reste un outil fort intéressant pour vous. Vous pouvez aussi prendre les informations documentées dans des projets/activités similaires, et procéder aux interviews de vos ressources et calculer leur réponses, pour ensuite les comparer avec les résultats analogues.

Prochain et dernier article de cette série: Chapitre 4: Un WBS pré-projet!? Mais ils sont fous ces gestionnaires de projets?

Cet article a été publié dans Gestion, Gestion de projet, Management, Project Management. Bookmarker le permalien.

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